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Je Suis Violente – Heidi Hove, Naja Maria Lundstrom & Line Sandvad Mengers

10 octobre 2013


Vendredi 11 octobre Vernissage dés 17h      Je Suis Violente

à 19h Artist-talk : Heidi Hove, Naja Maria Lundstrøm et Line Sandvad Mengers


Exposition du 12 octobre au 8 novembre. 

Ouvert tous les jours du 28 octobre au 8 novembre

de 10h à 17h sauf samedi et dimanche

et sur rendez-vous.

 

 

En raison de la différenciation grammaticale entre sujets mâles et femelles, constitutive de la langue française, l’identification sexuelle de la voix de l’émetteur transparaît ici dans toute sa nuditité emblématique et embarrassante.


Pour les trois artistes danoises qui participent de cette exposition, il n’est pas question de féminisme. La nuance sexiste apparente à la langue française n’existe pas dans leur langue maternelle (on y trouve grammaticalement parlant que du neutre : deux neutres différents d’ailleurs). Elles ont habité l’énonciation selon leur démarche particulière et habituelle.

Pour cette exposition, elles ont travaillé à partir de l’idée d’être violente, l’idée de la violence, les lieux, les espaces et les apparences d’une violence et, comme l’a fait Heidi Hove, elles travaillent aussi selon l’identité et le contexte des lieux de l’exposition.

Cette démarche d’ailleurs bien ancrée dans le travail de Heidi Hove a été récompensé par le Prix de la Biennale finlandais Turku 2013.


 


L’appropriation du titre d’un travail récent de Naja Maria Lundstrom, traduit du danois au français (Jeg er voldelig, 2013) a donné le titre de cette exposition.

La violence au féminin, a l’intérieur de la culture française, – c’est comme un oxymore.

A partir de l’idée que les règles propres d’une langue alphabétique avec ses lois et structures partiqulières impregnent locuteurs et interlocuteurs au-delà des limites de la simple expression ou énoncé :

Je Suis Violente tente de rejlancer les dés grâce a la traduction verbale contextuelle. Langue est culture, culture est langue. En travaillant la langue nous travaillons la culture. Il est question d’expérimenter et explorer un nouveau territoire d’action et d’identification linguistique et biopolitique. (Le pouvoir est biopouvoir comme disait Michel Foucault. -cit.1)

La violence féminine, un espèce de tabou, mal vue, mal considérée, mal soutenue, méconnue, malheureuse, et considérée comme une déviation étrange de la norme de la féminité selon notre héritage culturelle.


                                  “C’est une question de point de vue. Qui parle de quoi? Pour qui?” (Virginie Despentes)

Définition ‘Feminité’ selon Piéron, 1973: Ensemble des “caractéristiques différentielles admises de la femme, liées biologiquement au sexe pour une part mais, pour une plus grande part conditionnées par l’influence du milieu sociopolitique et religieux” (2)

Fémininité ‘manufacturé’ de longue date ; recherché dans l’art et la littérature, inventé par les innombrables auteurs de l’histoire écrite,  (3) par les pères fondateurs de la tradition civique : désirants, délirants, créatifs et poétiques.

Propos écrits par Christina Jonsson

 

 

Durant le finissage de Je Suis Violente vendredi 8 novembre: lectures issu de l’anthropologie criminelle: « La femme criminelle et la prostituée » (1896) de Cesare Lombroso et Gugliemo Ferrero.

Extraits lus par des artistes issus de la scène artistique lausannoise: Tristan Savoy, Léonore Thélin, Claudus Weber

 

 

L’exposition est développée en collaboration avec Naja Maria Lundstroem (Copenhague) qui a choisi d’y intégrer les artistes Heidi Hove (Copenhague) et Line Sandvad Mengers (DK). C’est  une proposition de Christina Jonsson (Lausanne).

 


 


 

 


1) « Pour Foucault, l’hypothèse d’un bio-pouvoir implique certes une redéfinition du pouvoir, mais surtout du mode de saisie du pouvoir, pour l’appréhender là où il ne se donne pas. Elle a donc un caractère polémique, puisqu’il s’agit dans le bio-pouvoir de mécanismes spécifiquement modernes de pouvoir, qui échappent à la théorie traditionnelle du pouvoir souverain. » cité Katia Genel , Penser le corps « Le biopouvoir chez Foucault et Agamben » (http://methodos.revues.org/131)

2) (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/féminité)

3) « L’école primaire obligatoire pour les garçons et les filles a été introduite entre 1830 et 1848 en dépit de la résistance des milieux catholiques et paysans : d’abord dans quelques cantons (Berne 1831, Tessin 1831, Zurich 1832, Argovie 1835) puis, finalement, dans toute la Suisse. »

(3a )« Les cantons romands sont assez en retard par rapport aux grands cantons alémaniques en matière d’éducation des filles. Les «Ecoles supérieures de jeunes filles », créées dès le milieu du XIXe siècle à Genève et à Lausanne, concernent en fait l’enseignement post-primaire des filles (12 à 15, puis 16 ans). Le terme « supérieur » ne s’explique que parce qu’il n’y avait rien au-dessus! Un véritable enseignement supérieur pour jeunes filles n’apparaîtra que vers la toute fin du XIXe siècle, différencié de celui des garçons, bien sûr, et ne donnant pas accès à la maturité avant les années 1930. » cité. Commision fédérale pour les questions féminins: « Femmes . Pouvoir . Histoire. Histoire de l’égalité en Suisse de 1848 à 2000. Formation – Education des filles et mixité » (http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/index.html?lang=fr)

 

 


Heidi Hove, Naja Maria Lundstrøm, Line Sandvad Mengers

Expo: like an old photo that makes one happy when one still has it

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